Numéro d'équilibriste
J’ai commencé à travailler jeune. Mon premier contrat signé en 2001, à peine 20 ans, pas de goût pour les études. Mais je m’étais fait plusieurs promesses à l’époque déjà, dont celle de ne jamais faire de concessions à mes valeurs pour des raisons de carrière.
Bon an mal an, j’ai toujours réussi à m’y tenir, et mes revenus s’en sont fatalement ressentis. Mais plus de 20 ans plus tard, je suis désormais chef d’entreprise, père de deux enfants, reconnu travailleur handicapé, et ces responsabilités poussent parfois à se poser des questions.
Dans mon métier, je croise régulièrement des personnes qui, soyons directs, arnaquent leur public. Influenceurs santé, coachs en tout et n’importe quoi, ces gens-là font des chiffres d’affaires de plusieurs centaines de milliers d’euros sans pour autant être inquiétés, ou très peu. Et ceux qui luttent contre ces dérives le font bien souvent bénévolement, ou presque.
Forcément, la vie de chef d’entreprise qui veut vivre en accord avec ses valeurs ressemble parfois à un numéro d’équilibriste. Surtout quand on n’est pas du sérail, qu’on réside en Province Provence et qu’un handicap empêche les déplacements aisés. Il n’y a alors qu’une seule solution pour se faire connaître : les réseaux sociaux et le réseau de connaissance.
Je me suis toujours refusé à jouer les influenceurs, à faire des stories inspirantes, à vendre du rêve, à étaler des choses fictives ou inventer des cas fabuleux. Il ne me reste alors que l’humour, la provoc... et le travail. Parce que oui, on essaie de faire les choses sérieusement, mais sans jamais se prendre au sérieux (la vie est bien trop courte pour retirer le périphérique USB en toute sécurité). Et je crois sincèrement que c’est ce qui me permet de tenir : quand on s’autorise à rire de soi, on encaisse mieux les coups, et on en distribue avec un peu plus de justesse.
Mais là encore, trouver le juste équilibre entre œuvrer pour la communauté et gagner sa vie demande une certaine habileté, que je n’ai pas toujours. Et dans notre domaine, chaque faux pas est scruté de près par d’autres qui n’apprécient guère la liberté de parole que j’ai décidé d’avoir sur les réseaux.
Ma capacité à énerver n’a d’égale que ma rapidité à mettre en place des idées et à les livrer, j’en ai conscience. Et pour être honnête ? Je m’en fous d’énerver certains. Bien triste doit être la vie de ceux qui plaisent à tout le monde, car ils finiront par ne plaire à personne.
J’assume d’avoir un avis tranché sur certaines choses, de refuser des contrats quand leur but ne sert pas les valeurs que je défends. Ce que j’aime moins, ce sont ceux qui jouent les copains pour profiter d’une naïveté passagère, et qui savonnent la planche dès que l’occasion se présente. La règle du jeu, paraît-il. Ça tombe bien, j’ai grandi dans la région où est produit le savon de Marseille (fun fact, ce n’est pas à Marseille).
Tout ça pour dire qu’exister aujourd’hui dans le monde de l’entreprise tout en continuant à pouvoir se regarder dans la glace demande parfois des efforts, et c’est souvent décourageant. Mais ça permet aussi de rencontrer des gens fabuleux, qui acceptent les différences, les humeurs.
Parce qu’en dehors de mes valeurs, la seule chose sur laquelle je ne fais jamais de concession, c’est la qualité de mon travail.
(et pour faire mon influenceur - car nous ne sommes qu’au travers de nos contradictions - je vous offre une vue sur mon superbe bureau, incapable que je suis de travailler assis sur un fauteuil, même ergonomique)
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